Bullet for my Valentine

A l’occasion de l’enregistrement de son troisième album, le groupe Bullet for My Valentine n’avait pas l’intention de se reposer sur ses lauriers pourtant déjà très impressionnants. Alors que son deuxième opus « Scream Aim Fire », sorti en 2008, s’est immédiatement hissé à la 4ème place du Billboard 200 et s’est vendu à plus d'un million d’exemplaires dans le monde entier, qu’il a été élu disque d’or au Royaume-Uni et au Canada, les acolytes du groupe de metal gallois avaient collectivement le feu aux tripes pour se surpasser.

Après avoir annoncé qu’ils étaient « avides » de créer à nouveau, les membres du groupe se sont lancés dans la réalisation d'« un album de hard rock sombre aux lueurs de metal », déclare le chanteur principal/guitariste Matthew Tuck. « Nous souhaitions véritablement exceller au-delà de tout ce que nous avions pu faire auparavant dans le domaine de la musique. »

A en croire les résultats inflexibles du troisième album Jive du groupe, « Fever », dont la sortie est prévue pour le 27 avril, le groupe, qui avait placé la barre très haut, a de loin dépassé ses propres attentes. Bullet for My Valentine, qui se compose également du batteur Michael « Moose » Thomas, du guitariste Padge et du bassiste Jason « Jay » James, signe là son recueil le plus mélodieux, qui n’en reste pas moins bruyant et implacable.

En effet, les riffs musclés de « Fever » risquent fort de terrasser l'auditeur par leur intensité absolue permanente. La voix déchirante de Matthew Tuck, qui a par le passé été diminuée par des problèmes de gorge débilitants qui auraient pu mettre fin à sa carrière, est plus assurée que jamais.

Sur « Fever », l’idée était de « rester simple », explique le batteur Michael Thomas, et de privilégier le fond plutôt que la forme. « C’est vraiment tentant de repousser ses limites en quelque sorte, en essayant de jouer à mille kilomètres/heure. Mais c’est parfaitement inutile. Cet album se caractérise davantage par sa puissance que par sa vivacité. »

Le groupe, élu Meilleur groupe britannique par le magazine de metal Kerrang! en 2008 et en 2009, s’est formé il y a 10 ans dans sa ville natale galloise de Bridgend. Après avoir joué ici et là, et perfectionné ses morceaux live significatifs pendant des années, Bullet for My Valentine a signé avec Sony en 2004 ; aux États-Unis, la musique du groupe est distribuée par Jive, le label de Sony. « The Poison », sorti avec à propos le jour de la Saint-Valentin aux États-Unis en 2006, a été certifié disque d’or aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et au Canada. Le groupe, connu pour ses concerts live invariablement frénétiques, n’a pas tardé à devenir une attraction majeure.

Alors qu’ils étaient encore en tournée pour la promotion de « Scream », les membres de Bullet for My Valentine ont commencé à écrire la musique de « Fever » début 2009 au Pays de Galles. Leur volonté de créer quelque chose qui dépasse leurs réalisations précédentes était telle que les quatre se sont retirés dans un studio de Lincolnshire, en Angleterre, pour s’isoler de tout (domicile, famille et amis) et se concentrer exclusivement sur l’écriture. « Nous avions juste besoin d’un espace à nous où il n’y ait pas de distractions », se rappelle Michael Thomas. « C’était Bullet for My Valentine 24 heures sur 24. »

Pour « Fever », le groupe a fait appel au producteur Don Gilmore, mieux connu pour sa collaboration avec Linkin Park et Good Charlotte. « Il était convaincu de pouvoir nous faire accéder au niveau supérieur », affirme Matthew Tuck. « Il a identifié nos points forts et nos points faibles. Comme nous savions d’une certaine manière que nous étions sur la bonne voie, il fallait juste qu’il nous maintienne sur le bon chemin, qu’il nous secoue et fasse en sorte que cela fonctionne. »

Une fois la musique initiale écrite, Matthew Tuck et Don Gilmore se sont enfermés en studio pour composer les paroles et les mélodies, en ne laissant rentrer personne, pas même le reste du groupe.

Si la séparation a été vécue difficilement par les acolytes du groupe de Matthew Tuck, ils ont parfaitement compris lorsqu’ils commencé à écouter les résultats stupéfiants. « Nous les avons laissés tranquilles », déclare Michael Thomas. « Lorsqu’on est nombreux dans une pièce, ça devient vite le bazar, tandis que s’il n’y a que deux personnes, elles peuvent se soumettre des idées mutuellement plutôt que chacun n’exclame son opinion. Cela leur a considérablement simplifié la vie. »

Les séances d’écriture des paroles se sont déroulées sur une période extrêmement intense qui ont rendu Matthew Tuck euphorique, mais tout aussi souvent battu et meurtri. « Chaque matin, je me levais pour aller au studio et je me disais un truc du genre, "Putain, c’est reparti" », se rappelle-t-il. « J’ai tout plaqué deux ou trois fois, il fallait que je disparaisse quelques jours pour me vider la tête. C’était uniquement pour la bonne cause. Je l’ai compris à peu près à mi-chemin des sessions vocales. Don et moi, ça a fait tilt et ça a collé. »

Don Gilmore a bousculé Matthew Tuck plus durement qu’il ne l’avait jamais été. « Auparavant, je me contentais d’écrire les paroles et la mélodie et, si ça sonnait bien et que ça convenait, je les gardais », explique Matthew Tuck, « mais il m’a fait tout réécrire et changer les mélodies jusqu’à obtenir un résultat sacrément étonnant. Cela a fait toute la différence. Je me reposais sur mes lauriers avant. »

La moindre goutte de sueur a été capturée sur « Fever ». Le premier single caustique « Your Betrayal » carbonise la terre avec son introduction instrumentale brûlante et ses paroles âpres de méfiance. « La chanson parle d’une trahison qui tourne à l’obsession, et de désir de représailles et de vengeance », déclare Matthew Tuck, en faisant observer que les paroles marquent un retour au ton « super sombre » de « The Poison ».

Le groupe s’attaque également à la dépendance à la drogue et au fait que l’entourage du toxicomane souffre souvent autant que lui dans « The Last Fight ». « Les gens pensent que la personne dépendante est la victime ; jamais personne ne pense à ceux qui les aident et essaient de les sortir de là, et qui sont ensuite mis de côté », affirme Matthew Tuck. « Donc The Last Fight parle de la dernière chance, j'essaie en permanence de t’aider et toi, tu ne cesses de me repousser. Va te faire foutre. C’est le dernier combat que je mène pour toi. »

Le groupe n’a pas peur de faire dans la sensiblerie avec le «A Place Where You Belong», un conte triste et douloureux sur le sujet des questions non résolues qui ne manque pas de faire réfléchir. « Tu n’as pas l'occasion de faire amende honorable auprès d'une personne avant qu'elle ne passe dans l'autre monde, tu ne peux plus la revoir et tu dois vivre avec ça », explique Matthew Tuck. « Je me suis en quelque sorte inspiré de mon histoire avec ma petite amie ; nous nous sommes séparés il y a un an et ça a été la merde ». Il précise que sa petite amie n’est pas morte. « Rien de ce que nous faisons n’est aussi autobiographique », indique Matthew Tuck. « Il m’arrive de prendre certaines idées et de les transformer juste parce que je trouve cela plus intéressant ».

Le morceau éponyme de l’album, qui se veut plus léger et grivois, aborde la tradition ancienne selon laquelle une fille sexy rencontre un garçon, ou des garçons, dans le groupe et… vous connaissez la suite. « Nous n’avions jamais fait ce genre de chanson avant », raconte Matthew Tuck. « Cette chanson, c’est juste le rock and roll et la fête. C’est typiquement une chanson de mec. Les gars sont de nouveau sur les routes. Depuis la nuit des temps, les hommes veulent juste voir des gonzesses nues et se les faire ; voilà tout. »

A propos de routes, les Bullet for My Valentine, célèbres pour leurs concerts live survoltés, sont impatients de faire vivre la musique de « Fever » en tournée. « J’adore le brouhaha et l’énergie de la foule », confie Matthew Tuck. « C’est un truc de dingue ! ».

Les Bullet for my Valentine aimeraient que leurs fans ressentent sur « Fever » ce que la musique de leurs propres héros musicaux leur a fait ressentir.

« Fever », c’est comme si j’avais 16 ans et que je me mettais à la musique rock, je deviendrais dingue et je voudrais intégrer un groupe : exactement l’effet qu’a eu Metallica sur moi », révèle Matthew Tuck. « C’est tellement intemporel et authentique. Tout ce que nous faisons est vrai ».

www.bulletformyvalentine.com

www.myspace.com/bulletformyvalentine

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