Un groupe français qui vaut bien le détour: DAGOBA

DAGOBA est un des meilleurs groupes de metal français qui tourne bien avec la sortie notamment de leur dernier album POSEIDON. Nos zikos sont en tournée prochainement... cela vaut bien un détour si vous êtes dans le coin :

  • 04 juin 2011 - Au 112 à  Terville
  • 11 juin 2011 - Aux Metallurgicales Festival à  Denain
  • 12 juin 2011 - Parc de la gloriette à Tours
  • 17 juin 2011 - HELLFEST OPEN AIR à Clisson
  • 01 juillet 2011 - Free Music Festival à  Montendre
  • 14 juillet 2011 - Festival Léz’Arts Scéniques à  Sélestat
  • 17 juillet 2011 - Dour Festival à  Dour (Belgique)
  • 13 août 2011 - Au BRUTAL ASSAULT FESTIVAL à  JAROMER (Tchécoslovaquie)
DagobaCi-dessous l'interview publié au mois de septembre 2010 par Franky de Dagoba:

Nous aimerions savoir d’où vient l’inspiration ainsi que le thème de la création du dernier album POSEIDON ?

Cela tourne autour du thème de la piraterie. C’est un thème qui nous tient à cœur depuis longtemps. On est tous natifs de Marseille, donc très attachés à la Méditerranée et à la mer. En même temps nous sommes passionnés par l’univers des pirates et de cet esprit là, même dans nos tenues vestimentaires. C’est un mode de vie assez rock’n’roll. Donc après, tout ce qui est attaché au cinéma sur ce thème nous plait énormément. Et nous nous sommes dit que du moment où nous avions ces idées là nous pouvons foncer dans ce créneau. Cela c’est passé de façon donc naturelle, bien avant le fait d’avoir un ou deux morceaux. On n’avait pas encore une seule note qu’on savait déjà que ça allait taper dans ce thème. Cela a donc été notre fil conducteur tout au long du processus de composition. On s'est dit que tel titre collera aux Triangles des Bermudes, tel autre collera à une accalmie dans les contrées asiatiques. Et ainsi de suite... on voyageait à travers notre mappemonde où chaque titre serait une escale de notre voyage.

Certains disent que cet album est un retour aux sources. Quand penses-tu ?

Et bien moi je suis assez d’accord pour plusieurs choses. Déjà au niveau purement musical, je pense que les fans qui nous ont connus soit à travers le premier album DAGOBA (2003), soit à travers le second album WHAT HELL IS ABOUT (2006), arrivent à retrouver pas mal de similitudes en ce qui concerne les morceaux, la façon de jouer, et surtout l’agressivité radicale. Donc c’est vrai que sur FACE THE COLLOSSUS il y avait moins ce côté-là; FACE THE COLOSSUS était plus typé, plus atmosphérique, un peu plus mélodique. Et là, POSEIDON est un peu, pour moi, un retour gagnant pour une musique plus brutale, plus efficace, plus radicale, avec des riffs avec un peu plus simplistes et une construction des morceaux plus basiques pour vraiment retenir les titres et les riffs à la première écoute. Et autre chose aussi, un retour aux sources je dirai, par rapport aux mixes et aux sons. Nous sommes retournés chez Dave Chang, le gars qui avait mixé le premier album éponyme. On retrouve une similitude certaine, déjà c’était le même gars, mais en plus il a sa touche et je trouve que si on devait le comparer à un mixe de Dagoba, cela serait évidemment le premier. Donc moi aussi je m’accorde à dire qu’il y a un retour aux sources.

Et en terme de mixage est-ce que le groupe a tenté de nouvelles approches pour POSEIDON ?

On avait une idée assez claire de ce que devait être le mixe. FACE THE COLLOSSUS étant un peu plus coloré, un peu plus atmosphérique, moi personnellement je voulais vraiment que cela redevienne bien plus puissant, bien plus percutant. Donc en allant chez Dave Chang, le mixe irait dans ce sens là. Dans tous ses mixes il y a toujours ce style de conception. Et en me rappelant le premier DAGOBA je savais que cela allait taper dur. C’était donc un des paramètres importants sur lequel on voulait mettre l’accent. Ensuite au niveau des nouveautés sur ce mixe, je dirai peut-être la façon dont les samples et les orchestrations sont dosés: pour moi c’est le parfait dosage. FACE THE COLLOSUS en avait peut-être un peu plus mais je trouve que c’était un peu trop et, là, cela apporte peut-être un côté "musique de film".

Mais cela ne prend pas le pas sur les instruments métal. Je suis vraiment content de la façon dont les arrangements ont été placés. Mais sinon il n’y a rien eu de très original ou de complètement nouveau pour moi au niveau mixe, même pour les autres membres du groupe. Il n’y a pas eu d’expérimentations spéciales.

Dagoba a fait de très nombreux concerts. Mais quel est le pays de prédilection du groupe et pourquoi ?

Je dirais que c’est la France quand même. C’est là qu’on fait le plus de dates, bien sûr. C’est là que nos concerts sont les plus remplis. Et c’est là également que nous avons le public le plus fidèle. Il commence maintenant à y avoir d’autres pays où on arrive à faire des capacités plus importantes en terme de remplissage de salle que par le passé. Mais cela ne dépasse pas la moyenne des capacités françaises où on arrive à faire entre 600 et 1000 entrées parfois. Ce sont des salles comme l’Elysée-Montmartre à Paris, l’Espace-Julien à Marseille, La Laiterie à Strasbourg. Ensuite à l’étranger, on commence à se balader en tête d’affiche dans des caves un peu plus petites. C’est toujours agréable de remplir des salles de 300 ou 400 personnes, dans un pays qui n’est pas le nôtre et où on n'y joue pas beaucoup. Je dirai qu’en bon second et troisième il y a la Suisse et la Belgique puis la Hollande; et depuis peu l’Espagne où le groupe fonctionne vraiment bien. Après on est allé jouer dans des contrées un peu plus lointaines comme la Russie, la Pologne. Bien sûr après il y a toujours les gros festivals qui peuvent ramener beaucoup de monde mais pas forcément que pour nous, telle la République Tchèque avec le "Brutal Assault", en Allemagne il y a tous les "Summer Breeze", "Wacken" et compagnie… En France, on n’oublie surtout pas le HELLFEST. Cela restera pour moi un des plus gros souvenirs d’il y a deux ans : un accueil fantastique, pour un horaire de Dagoba à 13 h 30 et ça c’était vraiment magique !!!

Sinon outre la région de Marseille, votre terre d’origine, est-ce qu’il y a une région française où DAGOBA est mieux perçu ?

Je dirais peut-être Paris, en fait. Où cela arrive souvent que les salles sont remplies voire même davantage qu’à Marseille. On a chaque fois un accueil vraiment très bon dans la capitale. Nous ne sommes pas du tout dans la concurrence Paris/Marseille pour tout ce qui est sport ou rivalité nationale… Donc on pense surtout au public métal parisien car il apprécie beaucoup Dagoba. Je dirais entre Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Colmar, Nancy où cela fonctionne bien; mais la Bretagne également, et aussi le Nord surtout proche de la Belgique; sans oublier Toulouse… Mais c’est dur de dire une région en particulier.

A propos du nouveau label, pourquoi ce besoin de changement (XIII Bis Records) ?

Cela s’est fait de façon assez naturelle. On sortait de deux albums sous contrat avec "Season of Mist" (WHAT HELL IS ABOUT et FACE THE COLOSSUS), on était libre donc de pouvoir en changer. On sentait qu’il était bon pour le groupe d'innover et de voir des nouvelles personnes. Cela s’est fait de façon amicale avec "Season of Mist": aucune tension, juste l’envie d’aller voir ailleurs pour travailler un nouvel album. On ne savait pas si cela allait être bénéfique ou éventuellement négatif. C’était une petite prise de risques car on était bien avec "Season of Mist". Donc c’était un petit changement d’air dont le groupe avait envie et peut-être, au besoin, on verra ce que l’avenir nous dira.

"XIII Bis Records" nous a fait une super-proposition et nous a montré un certain enthousiasme pour promouvoir POSEIDON. Nous avons donc sauté dans le bateau.

L’album est maintenant dans les bacs. DAGOBA a-t-il un retour sur les ventes ou classement de POSEIDON ?

Oui. Nous avons été très agréablement surpris par notre entrée dans le "top 50'' dans les charts français, avec la première semaine une entrée à la 41me place. C’est une chose qui était arrivée pour les groupes métal uniquement pour Trust et Gojira. Honnêtement je ne saurais pas dire à combien de ventes cela correspond. Après deux semaines, on arrive à être encore dans les 100 premiers des charts. Cela veut dire que les ventes continuent à se maintenir. Et il faut savoir qu’à côté de nous, dans tout ce classement des cent premiers, on se retrouve avec de la variété, de la musique du monde qui passe toute la journée à la radio, à côté de Yannick Noah, Calogero... C’est donc une concurrence hors-concours pour un groupe métal. Notre label est super-content et nous aussi. Et cela nous apporte une visibilité très importante par rapport à de nouveaux médias. Je pense par exemple à MTV, à Europe-1, à pas mal de médias auxquels nous n’aurions pas eu accès.

Un point d’honneur est donné à la partie arwork. Qui en est l’auteur et pour quelles raisons ?

L’auteur est un artiste qui s’appelle Cecil Kin . C’est un Japonais qui travaille dans le monde des jeux vidéo. Il est connu comme avoir illustré le jeu GOD OF WAR. C’est quelqu’un qui travaille à la palette graphique comme pourrait travailler un véritable peintre avec un pinceau, avec donc tous les outils numériques de maintenant. C’est un peintre du nouveau millénaire. Il a également travaillé auparavant sur FACE THE COLOSSUS où on y a trouvé un travail gigantesque. On s’était dit que pour illustrer tout ce côté pirates, mappemonde et tous les lieux maritimes, c’était lui qu’il nous fallait. Il était très content de sa collaboration avec DAGOBA sur le précédent album. Pour lui, cela lui ouvre des portes vers un nouveau milieu qui est différents des jeux vidéo. Il a donc tout de suite accepté pour faire avec nous POSEIDON. Je crois qu’il a réussi une fois de plus à mettre la barre très haute. Il a illustré à merveille notre album. Ce que j’apprécie chez lui, c’est qu’il travaille en écoutant l’album toute la journée pour bien s’en imprégner. Il essaie vraiment de coller au millimètre à ce qu’on a en tête et au titre. Il n’y a aucune récupération de textures sur Internet, pas de montage par rapport à des trucs existants. C’est une création totale du premier coup de stylo sur la palette jusqu’à la fin. Pour moi, c’est donc un travail de création pure. C’est à chaque fois des pochettes très personnelles.

Si un précédent album devait être remixé afin de connaître une seconde jeunesse, lequel serait-il ?

On l’avait peut-être discuté en groupe à un moment donné. Je pense qu’il n’y aura jamais aucun remixe fait sur DAGOBA. Si éventuellement il y en avait un à remixer cela serait délicat parce que nous ne sommes pas tous d’accord là-dessus. C’est néanmoins sur FACE THE COLOSSUS qui a le plus de différences d’avis. Nous sommes tous très content du premier album. FACE THE COLOSSUS, quant à lui, ne fait pas l’unanimité du mixe, pas sur les titres attention ! Uniquement au niveau du mixe pur ! Je sais que certains membres, moi y compris, retoucheraient quelques petits détails. Mais je ne pense pas que cela se fasse. Sinon ça serait celui-ci.

Nous voyons que DAGOBA est un groupe homogène, mais à ton avis, y a-t-il un leader parmi vous ?

On ne peut pas parler de leader. C’est un groupe qui a maintenant douze ans: on a attaqué en 1998. On se connaît maintenant depuis douze ans, de vie commune ensemble si je puis dire. Le dernier line-up est le même depuis maintenant dix ans. Et je pense que l’on a tous les quatre une place équivalente en terme d’importance hiérarchique dans le groupe. Il n’y a pas un qui serait plus leader qu’un autre. On a tous notre mot à dire au niveau compos et promotion.

Le mot de la fin de DAGOBA...

Je donne rendez-vous à tous les lecteurs et lectrices d’Onyx pour se retrouver en concert de Dagoba. Jetez un œil à toutes les dates de tournée disponibles sur notre page Myspace. En espérant vous retrouver très vite dans les salles de concerts françaises ou belges ou suisses (peu importe…) pour apprécier les nouveaux titres de POSEIDON. Merci pour tout votre soutien et en espérant vous voir très vite.

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