Entretien avec le groupe HEADCHARGER

02 juillet 2015 - Interview du groupe Headcharger au Festival de Beauregard où il s'est produit aux côtés de  Scorpions et Crucified Barbara.

Headcharger

  • Pourquoi Headcharger, d'ou vient ce nom­ ?

Cela vient juste d'une idée commune d'un nom qui reste facilement en tête et qui représente le côté direct de notre musique. Ensuite c'est l'histoire du groupe et ce qu'on en a fait prend réellement une signification.

  • Peux-tu faire un petit historique du groupe et présenter le line up actuel ?

Le groupe est composé de Romain Neveu à la basse, Rudy Lecocq à la batterie, Sébastien Pierre au chant, et nos deux guitaristes Anthony Josse et David Rocha.

Headcharger a cette année 10 ans, 5 albums, dont le dernier en date “Black Diamond Snake” sortie en 2014 chez Verycords/Warner. Nous avons beaucoup voyagé avec plus de 400 dates au compteur à travers l'Europe.

  • Qu'est ce qui vous a motivé à signer chez Verycords pour la sortie de "Black Diamond Snake " ?

Nous avons sorti les deux premiers albums sur Customcore qui est un label de Marseille, tout comme notre tourneur et le management de l'époque. Cela n'était pas simple car c'est géographiquement très éloigné de Caen ! Ensuite nous avons eu un contrat intéressant chez XIII bis pour qui nous avons également enregistré deux albums. Suite à la parution du second, il y a eu un gros remaniement chez XIII bis, ce qui a engendré le départ de plusieurs personnes qui ont monté Verycords. Tout de suite ils nous ont fait part de leur intention de continuer à travailler avec nous, dès lors que nous n'étions plus sous contrat. Comme nous étions très satisfait de leur boulot, il n'y a pas eu d'hésitation malgré le fait que nous ayons eu d'autres propositions.

L'album est sorti dans des conditions idéales, d'autant qu'avec ce contrat artiste, nous avons juste à nous occuper de la partie musique, sans se soucier du côté financier. Grâce à ce contexte favorable, il n'y a pas eu de questions à se poser. Il était évident de signer chez Verycords, et naturellement le prochain sortira chez eux.

  • Quels sont les principaux intervenants pour composer les musiques et les textes ?

C'est avant tout un collectif, mais Romain et David apportent les ébauches des morceaux. Seb travaille de son côté les parties vocales et en fonction de ce qu'il en découle, on réarrange la musique. Sur le dernier album, c'est surtout lui qui s'est investi dans l'écriture et la composition, davantage orientée sur un concept album, pour faire un truc différent des précédents. Mais rien est figé, on peut tous participer en amenant nos idées !

  • « Black Diamond Snake » a évolué dans un registre plus heavy. Est-ce délibéré et avez vous laissé de côté les influences plus métal de vos débuts ?

Il n'y a jamais rien de calculé au niveau des compositions. On ne se pose pas de questions en se disant que l'on va faire un style particulier, ça vient comme ça, naturellement. Il y a des morceaux que l'on a pas mis sur les albums, mais si on les faisait écouter au public il serait surpris !

La base du groupe est très orientée metal. Après c'est ok pour garder une touche rock, mais il n'y a pas grand intérêt à jouer uniquement dans un registre basique et standard propre à ce style, qui a déjà été entendu à droite et à gauche. Je virns du milieu métal et apporte la touche plus lourde, un peu "sale", pour essayer de faire un ensemble cohérent qui va rejaillir sur les futures compositions. Il ne faut pas se tromper on plus, Headcharger ne fera jamais un album de pur rock 'n' roll, car ça n'est pas notre culture !

Nos deux groupes de prédilection, Guns n' Roses et AC/DC, ne sont pas des groupes de rock 'n' roll à proprement parler.

Il y a une différence entre ce que l'on écoute et ce qui sort de nos guitares. Je veux dire par là, que même si on écoute tous AC/DC, on ne jouera jamais du AC/DC. En parlant de Headcharger, je dirais plutôt Metallica. Car ils n'ont jamais vraiment été hard rock, sauf sur les albums “Load” et “Reload”, qui sont des albums un peu à part de leur discographie.

Même quand ils ont fait le “Black Album”, qui s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires, (ndr: 16 millions aux Etats-Unis et 29 millions dans le monde), ça reste quand même des riffs de metal avec des notes à la con et tout d'un coup ça le fait !

Et il se trouve que nous avons une manière de composer qui est basée sur les riffs et moins sur les suites d'accord. Voilà pourquoi on restera un groupe de métal. On pose la voix sur des riffs, c'est pourquoi on se sent plus proche de Metallica ou Black Sabbath.

  • Quel est le meilleur et le pire souvenir depuis le début de la carrière du groupe ?

Le meilleur c'est ce soir et le pire c'est l'arrivée du nouveau batteur. ‹rires›.

Je dirais que notre meilleur souvenir est notre première grosse scène à l'étranger lors du Sonisphere espagnol, avec Rammstein, Faith No More et Alice In Chains qui est pour moi le groupe de référence. Déjà tu joues à Madrid à 16 heures de route de chez toi, et tu te retrouves dans un environnement deux fois plus grand que celui de ce soir. Nous avons joué à 18 heures, le festival débutant à midi, devant des milliers de personnes, dix fois ce que tu as ici et on a fait: Ouahhh ! Mais merde ou on est ? Quand tu croises le guitariste de Alice In Chains Jerry Cantrell dans les loges, franchement ça donne des frissons. Le guitariste de Slayer, celui qui a créé le morceaux sur lesquels j'ai appris la guitare étant ado, s'est retrouvé à côté de moi à regarder le concert de Rammstein. Et il te dit «t'as vu c'est mortel!». Tu lui répond «ouais ouais, c'est mortel!». Et là quand tu rentres à Caen au bout de 3 jours, tu te dis qu'il vient vraiment de se passer un truc de fou! Franchement, c'est un moment qui restera gravé dans nos têtes toute notre vie.

  • Et les plus mauvais moments ?

Il y en a eu forcément lors des débuts de Headcharger, et ça n'est pas de la langue de bois, on les oublie vite, en essayant aussitôt de penser à autre chose. C'est tellement la notion de plaisir et de passion qui prime, que l'on reste soudé quoiqu'il arrive, même si on a roulé pendant 15 heures pour jouer devant 25 personnes. Mais le plus important, c'est que nous sommes une bande de potes, et quoiqu'il arrive on est vraiment soudés. Cela aide beaucoup d'avoir cette osmose entre nous, on est là pour passer de bons moment quelques soient les circonstances.

Rudy: Je suis là depuis 1 an et demi et je n'ai aucun mauvais souvenir

Anthony: Depuis 10 années passées avec le groupes, je ne me rappelle pas un seul mauvais souvenir !

Rudy: C'est parce que l'on a pas encore dormi ensemble ! ‹rires›

Sébastien: Il ne faut pas oublier non plus que l'on s'est donné les moyens, dès le début de Headcharger, pour faire les choses du mieux possible. Il faut dire aussi que nous sommes entourés de personnes dont c'est le travail, avec un tourneur qui cherche les dates, une maison de disques qui bosse pour nous et un attaché de presse. Tout ça permet d'éviter les plans pourris.

  • Quels sont vos prochains concerts importants et projets discographiques, DVD... ?

Nous sommes entrain de composer. Après dire que ça va sortir, l'année prochaine ou l'année d'après, on en sait rien.

Pour le moment, l'envie générale c'est de défendre “Black Diamond Snake” jusqu'au bout. Parce que dans l'histoire de Headcharger, on a toujours enchainé les albums tous les 2 ans, puisqu'il y en a eu 5 de sortis en 10 ans. Et là, nous souhaitons vraiment prendre le temps pour défendre cet album-là.

Nous repartons sur la route pour des festivals qui vont arriver au mois d'août, notamment avec Dagoba et de nouveau Crucified Barbara. D'autres dates sont en train de se booker à partir de septembre et on s'aperçoit qu'il y encore de la demande pour cet album. Du coup, nous n'avons pas envie de se priver de ça, chose que l'on a pas forcément fait précédemment, en refusant des plans lorsque nous composions.

Rudy: C'est hyper bon enfant, on se retrouve comme une bande de potes quand on avait 15, 16 ans et que l'on commençait la zique. On compose sans se fixer de date pour enregistrer, en plus je suis arrivé il y a un an et demi donc on se garde une marge.

L'album “Black Diamond Snake” est d'une autre dimension par rapport à ce qui a été fait avant et il est important de garder la notion de plaisir. Nous n'avons vraiment pas envie d'avoir la pression d'un mec qui nous dise qu'il lui faut un album pour telle date ! La création et l'inspiration, ça ne se commande pas !

  • Pour terminer, avez vous un message pour Onyx Metal ?
Pour commencer, j'aimerais remercier l'organisation du festival de Beauregard pour avoir programmé une affiche rock / metal ce soir, car c'est aussi une prise de risque.

En tant que webzine, vous faites forcément partie de cette culture, une sorte de relais qui est super important pour nous mais aussi pour les groupes français et étrangers, y compris les têtes d'affiche. Le gros du travail est fait par les webzines. Merci à vous et aux lecteurs car sans le public, sans les webzines, sans les radios et les quelques médias qui s'intéressent à ce style de musique, on serait bien dans la merde !

Onyx Metal vous remercie pour votre disponibilité et votre bonne humeur, et vous souhaite le meilleur pour la suite !

Alain Boucly.

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