Interview PRIMAL AGE

Interview de Didier et Dimitri de Primal Age réalisée le 7 mars 2015  à Notre-Dame de Gravenchon.

Primal Age - Bonjour. Pouvez-vous faire une présentation du groupe ?

Dimitri: Nous nous sommes formés en 1995, on fête donc les 20 ans du groupe cette année. La formation a évolué au fil des années. Didier au chant et moi en tant que bassiste sommes les rescapés de la formation d'origine. Actuellement nous sommes 4 avec Johann à la guitare et Mehdi à la batterie. Nous avons sorti 3 albums, plus notre split CD il y a 2 ans avec les japonais de Cherish et les Argentins de Mostomalta. Nous travaillons actuellement sur de nouveaux titres qui seront édités uniquement en vinyle. Didier: Sans oublier que nous avons également intégré diverses compilations et participé à de nombreux gros festivals comme le Hellfest, le Sonisphère, Metal Rumble, Chaulnes Metal Fest et le Festival des Arts Bourrins près de chez nous du côté de Rouen. Nous avons également partagé de nombreuses dates avec des groupes comme Dagoba, Gorod, Slayer, Madball, Napalm Death et beaucoup d'autres.

- Vous rentrez d'une tournée au Brésil, comment s'est elle passée?

Didier: Cela s'est très bien déroulé, l'accueil a été excellent avec une bonne prise en charge des personnes qui ont géré la tournée. Les concerts ont été appréciés par un public chaleureux, fan de ce style de musique comme du métal en général. Nous en garderons un excellent souvenir, tout comme la précédente tournée au Japon. Nous avons fait de belles rencontres, dans le milieu musical comme avec le public et cela restera gravé dans nos mémoires pour nos vieux jours !

- Cela n'est pas courant pour un groupe Français de s'exporter, comment avez-vous réussi à monter un tel projet?

Dimitri: En fait c'est un projet global, car nous avons enregistré un split CD avec des amis Japonais et Argentins. L'idée était de faire une tournée dans le pays de chacun des groupes, étant dans la même veine musicale, afin de pouvoir jouer sur 3 continents. Nous sommes donc allés au Japon l'an dernier et nous sommes revenus d'Amérique du sud il y a quelques jours. Nous devions jouer en Argentine, au Brésil et au Chili, mais sommes finalement restés au brésil pour des questions de logistique. Les distantes étaient trop importantes, cela devenait compliqué d'aller dans ces 3 pays en si peu de temps.

- Quelles sont les différences par rapport eu public français?

Dimitri: On a eu l'impression de revivre les émotions d'il y a une vingtaine d'années, avec un mélange plus important des diverses sensibilités, moins "sectaire" aussi, ce qui donne une ambiance excellente. le public est vraiment là pour la musique. Nous avons joué sur des affiches assez éclectiques, avec du Hardcore, du Metal et du Punk. Tous les groupes ont été soutenus de la même manière. Il y a aussi moins de concerts que chez nous, principalement à cause de l'éloignement des villes. Ce sont donc toujours les mêmes groupes qui se produisent. Nous avons joué lors d'un Festival dans une ville de 400 000 habitants et c'était la première fois qu'un groupe étranger était à l'affiche! Au Brésil, dès qu'un groupe souhaite sortir de sa ville c'est tout suite 8 heures de transport pour atteindre la destination. Cela suppose aussi d'avoir un minimum de moyens, ce qui n'est souvent pas le cas.

- Vous semblez très impliqués pour la défense de certaines valeurs, comme la protection animale et le fait d'être végétarien ou végétalien. Comment cela interfère dans la création et quelles sont les initiatives pour soutenir cette cause?

Dimitri: C'est un style de vie que nous avons depuis le début du groupe, tous les membres sont végétarien car cela fait partie de notre philosophie. On essaie toujours d'avoir quelques textes qui se rattachent à la protection des différentes formes de vie. Mais les thèmes que peut contenir un album sont variés même si la défense des animaux reste un fil rouge dans les compositions. D'autres sujets sont abordés comme les OGM par exemple. Didier: Le sujet est vaste car on englobe le végétarisme et l'environnement. Cela nous ouvre des portes assez larges sur la création des textes en abordant tous ces sujets qui sont liés à notre philosophie de vie. Après nous avons des sujets plus classiques, comme la lobotomisation au travail, le fait d'être ancré dans le boulot et de devenir aseptisé par ça. D'autres choses nous tiennent à cœur également, comme la perte d'un parent ou d'un être cher. Ce sont des évènements plus personnels au sujet desquels il nous est aussi arrivé d'écrire pour certains albums. Cette philosophie de vie importante pour le groupe permet également d'échanger avec le public après les concerts. Certains peuvent poser des questions sur ce sujet et un dialogue s'établit facilement. Ce contact est enrichissant pour nous d'informer, mais également pour les personnes qui viennent nous voir. C'est intéressant d'apprendre que certaines d'entre elles changent leur mode de vie et deviennent végétariennes après avoir suivi le groupe. Mais avant tout nous sommes là pour la musique, pour partager cette passion du metal en général.

- Justement, comment définissez vous votre musique? Didier et Dimitri: (en chœur) C'est du Metal Hardcore ou Hardcore Metal, disons un mix des deux.

- Quels sont vos projets à plus ou moins long terme?

Didier: Nous avons déjà plus d'une dizaine de dates de calées pour la tournée des 20 ans, principalement en France. Plusieurs dates à l'étranger sont à l'étude, notamment au Portugal. Il y aura aussi quelques festivals, en Juillet à côté de Montpellier avec Loudblast et dans la Nièvre avec Aqme. Ensuite, nous poursuivons la composition du prochain EP que l'on aimerait sortir en objet collector. Bien sur en vinyle, car le groupe ne l'a jamais fait, en plus cela revient au goût du jour. Dimitri: Il y a déjà 2 morceaux complètement terminés, plus un autre avec les instruments. L'ensemble est maquetté et les textes sont écrits. On va prendre notre temps, après quelques semaines de repos pour bien récupérer, retrouver sa famille, tout en reprenant nos activités respectives. C'est bien de souffler après des périodes d'une grande intensité, pour mieux se retrouver gonflé à bloc. Cela redonne de l'oxygène au groupe tout en évitant une usure qui s'est déjà produite par le passé.

- Vous êtes originaires de Normandie, que pensez-vous de la scène métal dans la région?

Didier: Il y a de nombreuses associations qui se bougent, comme celle qui organise le festival des "Arts Bourrins", même si cette année il n'aura pas lieu car l'endroit n'est pas disponible. Cette structure a su évoluer en équilibrant les finances tout en pérennisant cet évènement. D'autres organisations plus petites mettent en place des concerts undergound sur Rouen. Les grosses pointures comme Sepultura, Dagoba, Apocalyptica ou Amon Amarth viennent dans les salles plus importantes comme le Tetris au Havre, le 106 à Rouen ou ici à Gravenchon.

- D'après vous, est-ce que les groupes régionaux ont davantage de possibilités pour s'exprimer?

Dimitri: Je ne pense pas qu'il y ait plus d'opportunités de jouer. Il manque des endroits intermédiaires se situant entre les grandes salles et les bars, ce qui n'était pas le cas il y a quelques années. Didier: Par contre le nombre de festivals a augmenté, ce qui permet à des groupes comme le notre de se produire, mais pour un groupe qui démarre c'est beaucoup plus difficile. Il est possible de jouer dans la salle "musiques actuelles" de sa ville, après cela reste compliqué de s'exporter, y compris dans les festivals qui reçoivent énormément de demandes. Dimitri: C'est aussi la conséquence l'évolution de toutes les musiques. La vente des disques qui diminue fait que l'on se retrouve en concurrence avec tous les styles musicaux. Il y a embouteillage pour jouer dans ces salles, car ceux qui vivent de leur musique veulent s'y produire, ce qui laisse moins de place aux autres, qui se retrouvent reléguées dans les cafés concert.

- Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

Didier: Le "Sonisphère", car nous avons eu la chance de jouer le même jour que le "Big 4" Metallica, Megadeth et Anthrax. Le week end a été cool, nous avons joué dans de bonnes conditions, on a été bien accueilli avec un chalet à notre disposition la veille. Le Hellfest fait également partie de nos meilleurs souvenirs car nous avons eu la chance d'y rester les 3 jours et d'y avoir notre stand. Dimitri: Pour ma part, c'est la tournée au Japon car c'est un vieux rêve qui s'est réalisé. On y pensait déjà il y a 15 ans, sans croire que nous irions un jour! Cela a fini par se concrétiser et c'était vraiment énorme! Nous nous sommes rendus compte qu'il y avait là bas des gens qui nous suivaient depuis plus de 15 ans! C'est valorisant et enrichissant, surtout quand on dépense autant de temps et d'énergie, on se dit que tous ces efforts servent à quelque chose. Surtout quand on vous présente des personnes qui arrivent avec toute la discographie!

- Et le plus mauvais souvenir?

Didier: (après avoir hésité) Dans certains cafés concerts ou les conditions n'étaient pas réunies et le public absent... Dimitri: Il y a bon nombre de galères, comme une fois arrivés en Belgique, il n'a pas été possible de jouer, le matériel n'étant pas là. De plus, l'organisateur était absent et les groupes n'ont pas voulu prêter le leur car cela n'était pas prévu. Le temps de manger une barquette de frites et nous sommes rentrés! Mais nous avons été rémunérés !

- Avez-vous un groupe avec lequel vous rêvez de partager la scène?

Didier: Une formation de la scène Hardcore New Yorkaise que l'on adore, c'est Sick of It All. Il font partie des groupes comme Madball, Biohazard, Agnostic Front qui ont bercé notre adolescence et que nous sommes allés voir de nombreuses fois. Nous aimerions vraiment partager une date avec Sick of It All !

- Et la scène sur laquelle vous aimeriez jouer?

Didier: Ce serait bien de refaire le Hellfest. Nous postulons chaque année, alors pourquoi pas en 2016! En plus nous aurons un disque qui sortira, donc une possibilité de proposer un nouveau projet. Dimitri: pour ce genre de festival, on fait partie des "petits" groupes, sans grosse structure ni tourneur derrière nous. Ces personnes proposent souvent des "packages" de plusieurs groupes, avec une tête d'affiche. Au vu du nombre de demandes pour y participer, l'affiche se rempli vite même si il y a 160 groupes!

Merci beaucoup pour votre patience, je vous souhaite une bonne continuation et le meilleur pour la suite de la carrière de Primal Age.

Alain

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