Tout sur Moonspell au Alcatraz Festival

8 août 2015 - Cette interview a été réalisée par Sandrine Chatel pour Onyx Metal Webzine avec la participation de Miguel Gaspar (batterie) et Ricardo Amorim (guitare) du groupe Moonspell lors de l'Alcatraz Festival de Courtrai.

Interview de Moonspell

  • Il y a différentes influences dans votre nouvel album “Extinct”, où trouvez-vous l'inspiration pour composer des morceaux aussi variés ?

Ricardo : Je pense que ça a toujours fait partie de nous de créer cette dynamique avec des passages forts et d'autres plus atmosphériques. Nous gardons ce concept de beauté et d'horreur, comme par exemple la femme sur les albums, c'est une œuvre d'art magnifique avec beaucoup d'horreur. Et notre musique a toujours été comme ça, donc je pense que c'est ce que nous sommes et ce que nous ressentons.

  • Quel est votre morceau préféré sur cet album et pourquoi ?

Miguel : Je dirais “Extinct”, j'aime beaucoup ce morceau. Certains vont plus dans le gothique et comme les derniers albums étaient plus extrêmes je pense que c'est un bon équilibre. Le premier morceau “Breathe” est impressionnant aussi. Ce morceau je ne sais même pas comment nous l'avons fait ! Les mélodies, la structure, c'est Moonspell mais en même temps c'est très nouveau et c'est difficile de trouver ça dans chaque morceau. Dans notre album nous avons gardé nos influences et ce que nous avons fait précédemment mais nous avons essayé de nous réinventer et de faire quelque chose qui accroche toujours le public.

Ricardo : Pour moi je dirais “Medusalem”, parce qu'il est sombre mais qu'il a aussi un côté oriental, et je ne sais pas comment nous l'avons fait ! J'aime beaucoup “Breathe” aussi, “Extinct”, et “The Future Is Dark”.

  • Pouvez-vous expliquer l'origine du dernier titre “La Baphomette”, et pourquoi les paroles sont en français ?

Miguel : Je crois que l'idée viens de Aires, c'est un rêve qu'il faisait.

Ricardo : Il avait ce concept musical qui ressemble à un cabaret. C'était très créatif et assez fou, je ne peux pas vraiment parler pour lui mais de ce que j'ai compris La Baphomette est un personnage, une danseuse de cabaret, et les paroles en français vont avec le thème.

Miguel : Le sentiment de vie passe très bien à travers ce morceau, c'est un peu «amuses-toi ou tu vas mourir !».

  • Vous êtes l'un des groupes de métal les plus importants du Portugal, ressentez-vous une certaine pression à cause de cela ?

Ricardo : Oui je pense, parce que si les gens nous mettent à un certain niveau nous essayons toujours de le surpasser, de faire quelque chose qui atteint au moins ce niveau et nous le rendons encore meilleur. Nous sommes très contents de cet album mais la question revient toujours, on se demande si on pourra faire encore mieux. Nous avons cette question en tête jusqu'à ce que nous commencions à travailler sur de nouveaux morceaux et si tout se passe comme nous l'attendons, nous ferons forcément mieux. Mais parfois c'est une question difficile et nous avons la pression, ça fait partie du job, et nous devons aussi nous mettre la pression nous-mêmes.

  • Est-ce difficile, lorsque vous enregistrez un album, de toujours penser à faire mieux qu'avant ?
Ricardo : Les premières fois oui. Miguel : Nous voulons toujours faire mieux.

Ricardo : Quand nous faisons un album nous donnons tout ce que nous avons, et quand l'album est fini nous nous sentons vides, et après nous nous demandons «D'accord, mais et maintenant ?» et puis on part en tournée, on passe environ deux ans sur la route et on vit beaucoup d'expériences qui se transformeront en inspiration pour d'autres albums.

Moonspell a une image très particulière avec les pochettes d'albums, les vidéos... Est-ce important pour vous ?

Miguel : C'est très important et ça l'a toujours été. Je pense que c'est ce qui fait que Moonspell est différent des autres groupes. Les autres essaient tous d'être très techniques et la musique vient en premier, mais la musique ce n'est pas tout pour nous. Nous pensons à comment nous allons être sur scène, comment nous nous présentons. Dans nos vidéos nous avons fait des scènes très théatrales et c'est quelque chose qui est spécial pour nous, nous le montrons dans les vidéos et sur les pochettes d'albums. Pour les pochettes des trois derniers albums, notre bon ami Seth (Siro Anton) le chanteur de Septicflesh, a fait un travail superbe parce qu'il comprend vraiment notre musique et il nous comprend aussi. Et il est capable de toujours mettre le doigt là où ça fait le plus mal, certaines personnes sont choquées, surtout venant d'un pays catholique comme le Portugal. Ils pensent que ce sont des monstres, ou des satanistes. Mais c'est juste une forme d'art que nous voulons montrer, nous n'essayons pas de faire les chose parfaitement pour les média, ce serait trop facile et ce n'est pas ce que nous sommes. Nous voulons créer quelque chose, et surprendre les gens.

  • Quel album de Moonspell conseillerez-vous à quelqu'un qui vous écoute pour la première fois, et pour quelle raison ?

Ricardo : “Extinct”, pour deux raisons. La première est parce que c'est mon préféré maintenant, et la deuxième est parce qu'il représente vraiment ce que notre groupe est aujourd'hui. Je pense que cet album est tellement bien conçu musicalement, il y a beaucoup de hauts et de bas donc ça montre une diversité aux gens.

  • Sur le double album Alpha Noir/ Omega White, pourquoi avez-vous rendu hommage à Peter Steele (chanteur et leader du groupe Type O Negative, décédé en 2010) avec le morceau "New Tears Eve" ? Qui était Peter pour vous ?

Ricardo : Peter était l'une de nos plus grandes inspirations. Il y avait deux ou trois autres groupes aussi mais Type O Negative nous a fait découvrir le gothique et ils étaient très originaux à l'époque, je n'avais jamais entendu quelque chose comme ça et c'était génial. Et puis nous avons été amis avec eux, je ne dirai pas amis proches mais amis quand même, nous avons fait deux tournées européennes et une tournée américaine avec eux, et ils ont fait partie de nos vies d'une manière si intense. Alors quand Peter est décédé nous avons voulu lui rendre hommage.

Miguel : Il nous a aussi beaucoup aidés, ils auraient pu être comme n'importe quel autre groupe avec qui nous avons fait une tournée mais ils ont pris le temps de nous parler, Peter était super gentil, les autres aussi parce qu'ils étaient uniques. Vu qu'ils venaient de Brooklyn ils n'avaient jamais pensé avoir du succès, et nous étions un peu comme ça aussi parce que nous n'avions jamais pensé que venant du Portugal nous pourrions faire des tournées et des albums. Malheureusement Peter n'est plus là, mais en un sens il sera toujours avec nous.

  • Que pensez-vous du public français ? Quelle relation avez-vous avec vos fans français ?

Miguel : C'est super, nous sommes très similaires et jouer en France est un peu comme jouer chez nous mais en mieux parce que la France est un pays beaucoup plus grand avec de meilleurs concerts et festivals. Et nous l'avons vu grandir, nous avons commencé à jouer en France en 1995 et il n'y avait pas de gros festivals comme le Hellfest, et quand nous sommes allés au Hellfest nous étions impressionnés. Les gens vont beaucoup aux concerts, achètent les albums... Donc grand respect pour le public français.

  • Vous avez parlé du Hellfest, quels souvenirs avez-vous de vos participations aux années 2007, 2009 et 2013 ?

Ricardo : Le Hellfest est l'une des meilleures choses qui est arrivé à la France ! La première fois que nous y sommes allés je me souviens de la boue, un océan de boue ! Mais il y avait plein de monde et le concert était super.

Miguel : La deuxième fois que nous y sommes allés était un très bon moment, et nous y sommes retournés une troisième fois alors nous avons vu l'évolution. C'est l'un des meilleurs festivals du monde parce que c'est différent d'un festival en Allemagne par exemple, en France il y a des choses uniques comme des gens qui boivent du vin, on ne voit pas ça très souvent.

  • Vous avez joué dans de nombreux pays à travers le monde, y a t-il un endroit que vous préférez ?

Miguel : Mon endroit préféré, et je pense que pour Ricardo c'est le même, c'est au Mexique. Quand nous jouons là-bas je ne sais pas pourquoi c'est toujours très spécial. C'est spécial de jouer en France aussi, tout est spécial, mais comme c'est très loin nous n'avons pas l'occasion d'y aller souvent et le public est très accueillant. J'aime aussi beaucoup la culture, la nourriture... Si nous pouvions jouer là-bas toute les semaines ça ne serait pas un problème pour moi !

Ricardo : Il y a de bonnes choses partout, il y a en juste certaines que nous ressentons peut-être mieux. J'ai été très surpris il y a deux ans dans certaines villes en Russie. Nous avons fait douze concerts en Russie et nous étions quelque part au milieu de la Sibérie, nous nous demandions vraiment où nous allions, et puis nous avons trouvé une ville géniale, très cool, avec des gens supers, je me suis éclaté là-bas et pourtant nous étions en plein milieu de la Sibérie ! Ce qui est bien c'est que nous avons vu beaucoup d'endroits, c'est aussi ce qu'il y a de bien dans ce que nous faisons, même si ça casse tout d'être dans un avion tout le temps j'ai vu des choses que je n'aurai jamais pensé voir si j'étais resté chez moi et si j'avais eu un job normal.

  • Pour terminer cette interview, avez-vous un message pour vos fans français ?

Ricardo : Merci pour le soutient, vous avez été géniaux, et on espère vous voir aux concerts !

Miguel : Nous adorons la France, nous avons des fans français géniaux et des amis qui viennent nous rendre visite au Portugal et qui nous apportent le meilleur fromage ou saucisson ! J'ai découvert plein de choses grace à mes amis, ils rendent le moment spécial parce qu'ils apportent ces petites choses qui nous donnent envie de jouer encore plus et de rendre les gens heureux, et je pense qu'ils ressentent la même chose pour nous, un peu comme une famille, alors «Merci» !

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